Obama et la renaissance de l’art contemporain ?

Pour être franche, je ne sais pas du tout ce que pense Obama de l’art
contemporain et j’ignore ses projets par rapport aux artistes si
toutefois il en a. Il a déjà tant à faire qu ‘il faudrait vraiment être
allé aux USA pendant la campagne électorale pour en avoir une petite
idée..
Pourtant comment nier l’influence des Etats Unis dans le monde de l’art
? Sur le plan artistique, les années Bush se sont manifestées par cette
forme d’anéantissement de la pensée créatrice avec une tentative de
retour à une peinture figurative ringarde après le 11 septembre 2001
comme si l’art contemporain y était pour quelque chose dans la
destruction des tours. C’est aussi l’époque ou les plus grands musées
américains se sont délesté d’œuvres de peintres qui ont écrit l’histoire.
parmi lesquels Chagall Picasso Seurat et même Pollock. Pendant des
années, ils ont cherché à déconstruire l’histoire et à faire table rase
de la compréhension des courants qui constituaient l’histoire . Pour
installer quoi ? Une spéculation vertigineuse sur des œuvres ce qui
pour certaines pourrait s’expliquer par le rôle qu’elles ont pu jouer
dans l’histoire quand d’autres concernent des artistes inventés de
toute pièces par les traders.
Le peuple américain vient de montrer qu’il souhaitait tourner cette
page qui ressemblait à ce que certaines mouvances de jeunes marginaux
percevaient dès les années 70 en inscrivant leur nihilisme dans un ” no
future “vers lequel nous nous dirigions à grand pas.
Le miracle Obama est que son élection vient de réinventer un futur aux
Etats Unis et à partir de là on peut penser que cahin caha d’autres
pays pourraient bien suivre pas toujours bien à propos d’ailleurs car
en abordant l’histoire avec des gros sabots et des œillères on est bien
loin du rêve américain.
Nous devons aux peintres américains Newman, Kelly et Noland le point de
départ de la réflexion du mouvement ” Conjonction “. C’est dire
l’importance qu’ils ont à nos yeux.
Il faut savoir qu’a une certaine époque les Etats Unis ont permis à bon
nombre jeunes artistes inventifs de se mener leurs recherches. C’est
ainsi qu’ils ont permis à des artistes comme Stella , Newman , kelly,
Noland, de Kooning ainsi que Pollock d’émerger et conférant ainsi aux
Etats -Unis la place maîtresse qu’ils occupent depuis dans le monde de
l’art.. Le rêve américain c’était avant de parier sur l’inventivité
pour découvrir de nouvelles choses.
A partir du milieu des années 80, une chape de plomb s’est abattu sur
l’art contemporain un peu partout dans le monde Profitant de
l’éclatement des formes artistiques plastiques dans les années 60, des
institutions se sont substituées à l’inventivité des artistes dans le
seul but de la casser et ainsi d’arrêter le cours de l’histoire de
l’art en formant des générations d’artistes à plagier ce qui avait pu
être révolutionnaire dans les années 60 mais avait cessé d’être
subversif à partir du moment où c’était imposé par les directives
officielles.
Pour les gens en mal de repères ils sont allés jusqu’à restaurer une
peinture fade sans aucune recherche comme pour bien confirmer que la
peinture ne pouvait plus rien inventer.
Quand nous débattrions du mouvement en 2005 , nous nous sommes s vus
rétorquer qu’en art il n’y avait pas de progrès et qu’il n’y avait plus
rien à rien inventer en peinture. C’est à peine croyable mais c’est ce
que nous vivons depuis bientôt cinq ans que nous avons annoncé le
mouvement figuration supra-naïve précurseur de Conjonction.
Une culture qui ne se renouvelle pas est une culture barbare selon
Michel Henry “. Faire croire que l’art contemporain est nouveau parce
qu’il est choquant ( mierda and cie) est une imposture. Choquant n’a
jamais été synonyme de nouveau.. Une culture qui brade les œuvres les
musées, fait du Louvre une marque déposée exportable, compte sur ceux
qui ont déstabilisé la bourse pour décréter ce qui est de l’art ou pas,
maintient dans la misère les artistes les plus inventifs, jusqu’à
détruire l’idée même de l’artiste pour le mettre au service de la mode
ou de l’objet industriel, oui c’est une culture barbare. Cette absence
de projet contient en lui toutes les régressions ouvrant la porte à
toutes les barbaries.
Si Obama est le retour du possible, du rêve la capacité pour l’humanité
de créer des projets pour l’homme ; alors oui l’art aura toute sa place
et les artistes qui innovent s’inscriront dans la dynamique d’un monde
en reconstruction.
Cela parviendra t’il jusqu’au vieux monde ? J’ai quelques doutes sur la
capacité de la France de comprendre la portée du retour de rêve.
Restent les collectionneurs américains si toutefois certains ont envie
de marcher r dans les pas de leurs prédécesseurs qui ont faitles belles
heures de l’histoire de l’art.
Encore faudrait-il sortir de ces nationalismes artistiques qui une
injure à l’inventivité qui elle c’est le cas pour le sport car le champ
du possible pour l’artiste c’est la pensée.
Ceci dit si les Etats-Unis acceptent de reconnaitre nos recherches nous
voulons bien devenir citoyens américains et vivre là-bas. pour ce que
la France nous a donnés ! Bon, c’est vrai qu’il faudrait améliorer
notre pratique de l’anglais mais la reconnaissance donne certainement
des ailes..
Martina Charbonnel 2008 “ cible concentrique 5 ” 100×70
